Lorsqu’on est atteint de la maladie de Parkinson, la sexualité est souvent entourée de silence et de tabous. Changements physiques, émotionnels ou relationnels : la maladie peut influencer la vie sexuelle, sans pour autant la rendre impossible. Mieux comprendre ces enjeux permet d’en parler plus sereinement et de trouver des solutions adaptées.
Quel est l’impact de la maladie de Parkinson sur la sexualité ?
La maladie de Parkinson peut affecter la sexualité de différentes manières, variables selon les personnes et l’évolution de la maladie.
Des effets physiques fréquents :
- Diminution du désir sexuel (libido)
- Troubles de l’érection chez l’homme
- Sécheresse vaginale ou douleurs chez la femme
- Fatigue importante et baisse de l’endurance
- Raideur, lenteur des mouvements ou tremblements, pouvant gêner les rapports
Des facteurs psychologiques et émotionnels
- Anxiété, stress ou dépression, fréquents dans la maladie de Parkinson
- Baisse de l’estime de soi et modification de l’image corporelle
- Peur de ne pas satisfaire son/sa partenaire
Le rôle des traitements
Certains médicaments antiparkinsoniens peuvent également influencer la sexualité :
- Diminution ou augmentation du désir
- Troubles de l’excitation
- Dans de rares cas, comportements sexuels excessifs
Il est important de ne pas rester seul face à ces changements.
Sexualité et Parkinson : pourquoi le sujet reste-t-il tabou ?
Parler de sexualité est déjà difficile pour beaucoup. La maladie de Parkinson ajoute plusieurs freins :
- La peur d’être jugé
- Le sentiment que ce sujet n’est « pas prioritaire » face à la maladie
- Le manque d’informations claires et accessibles
Pourtant, la sexualité est un besoin légitime, quel que soit l’âge ou l’état de santé.
Comment préserver une vie sexuelle épanouie avec Parkinson ?
Il n’existe pas de solution unique, mais plusieurs pistes peuvent améliorer le bien-être intime.
1. Favoriser la communication dans le couple
- Oser parler de ses envies, de ses craintes et de ses limites
- Adapter les moments d’intimité aux périodes où les symptômes sont mieux contrôlés
2. Prendre en compte les aspects médicaux
- Parler des troubles sexuels à son médecin ou neurologue
- Ajuster les traitements si nécessaire
- Tenir compte de la fatigue et des fluctuations des symptômes
- Envisager un accompagnement par un sexologue ou un professionnel formé
3. Prendre soin de soi
- Activité physique adaptée pour améliorer l’image corporelle et la confiance
- Gestion du stress et du moral
- Soutien psychologique si besoin
Quand et à qui en parler ?
Il est important de savoir que les professionnels de santé sont là pour vous accompagner. Vous pouvez en parler :
- À votre neurologue
- À votre médecin traitant
- À votre équipe de suivi (PSAD)
- À un sexologue ou un psychologue
Parler de sexualité n’est ni inutile ni gênant : c’est une composante essentielle de la santé globale.

En résumé : sexualité et Parkinson, un sujet légitime
La maladie de Parkinson peut modifier la vie sexuelle, mais elle ne la supprime pas. En brisant les tabous, en communiquant et en se faisant accompagner, il est possible de préserver une vie intime satisfaisante et adaptée à ses besoins.
💡 Conseil pratique : noter vos questions ou difficultés avant une consultation peut faciliter le dialogue avec votre professionnel de santé.