Pourquoi l’alimentation est-elle importante dans la maladie de Parkinson ?
L’alimentation joue un rôle important dans la prise en charge de la maladie de Parkinson. Sans remplacer les traitements médicamenteux, une alimentation adaptée peut contribuer à améliorer l’efficacité des médicaments, à prévenir certaines complications (constipation, perte de poids, fatigue) et à maintenir la qualité de vie. Retrouvez dans cet article des repères simples et pratiques pour adapter votre alimentation au quotidien.
La maladie de Parkinson peut entraîner plusieurs troubles influençant l’alimentation :
- Diminution de l’appétit ou perte de poids
- Constipation, fréquente et parfois sévère
- Troubles de la déglutition (dysphagie)
- Fatigue et difficultés à préparer les repas
- Interactions possibles entre l’alimentation et certains traitements, notamment la lévodopa
Adapter son alimentation permet donc d’agir sur ces symptômes et de soutenir l’efficacité du traitement.
Adapter son alimentation pour mieux vivre avec la maladie
1. Prévenir la perte de poids et la dénutrition
La dénutrition concerne de nombreuses personnes atteintes de la maladie de Parkinson et peut entraîner fatigue, fonte musculaire et perte d’autonomie. Pour la limiter :
- Mangez régulièrement, sans sauter de repas
- Privilégiez des aliments énergétiques et nutritifs : produits laitiers, œufs, poissons, légumineuses
- Enrichissez les plats si besoin (huile végétale, fromage râpé, crème)
- Fractionnez les repas (3 repas + 1 à 2 collations)
Un suivi diététique est recommandé en cas de perte de poids involontaire.
2. Lutter contre la constipation
La constipation est l’un des symptômes non moteurs les plus courants car elle est liée à un ralentissement du transit intestinal.
Conseils pratiques :
- Augmentez progressivement les fibres alimentaires : fruits, légumes, céréales complètes, légumineuses
- Buvez suffisamment d’eau (au moins 1,5 à 2 L par jour, sauf contre-indication)
- Maintenez une activité physique adaptée, même modérée
- Installez une routine horaire pour aller aux toilettes
3. Dysphagie et fausses routes
Les troubles de la déglutition (dysphagie) peuvent augmenter le risque de fausses routes. En cas d’apparition, adaptez l’alimentation :
- Privilégiez des textures adaptées (hachées, mixées, épaissies si besoin) et qui stimulent la sensibilité buccale (eau pétillante par exemple)
- Mangez lentement, en position assise, tête inclinée vers le bas
- Prenez des petites bouchées et mastiquez bien
💡 Assurez-vous que la nourriture est bien passée en avalant deux fois ou toussez après chaque bouchée pour dégager la gorge.
En cas de difficultés persistantes, consultez un orthophoniste ou un diététicien.
Alimentation, déglutition et confort au repas
Les troubles moteurs peuvent rendre les repas longs et fatigants. Il existe donc des solutions pour améliorer le confort alimentaire :
- Choisissez des aliments faciles à mâcher (mous, en purée, évitez les aliments secs et friables).
- Utilisez des aides techniques : couverts ergonomiques, pailles si besoin.
- Mangez dans un environnement calme et sans précipitation.
- Maintenez une position droite, légèrement inclinée vers l’avant, tête alignée.
Préserver le plaisir de manger est un objectif essentiel.
Gastroparésie et Parkinson : quand la digestion est ralentie
La gastroparésie correspond à un ralentissement de la vidange de l’estomac, fréquent dans la maladie de Parkinson.
En cas de gastroparésie :
- Fractionnez et privilégiez les repas peu volumineux : 5 à 6 petits repas au long de la journée au lieu de 3 gros repas
- Limitez les aliments riches en graisses et en fibres (comme les légumes crus) qui sont les derniers à quitter l’estomac
- Favorisez les textures faciles à digérer (soupes, purées, compotes)
- Limitez les liquides pendant les repas qui remplissent rapidement l’estomac
- Maintenez une posture droite au moins une heure après les repas pour faciliter la digestion
Interactions entre alimentation et traitements antiparkinsoniens
La lévodopa, traitement de référence de la maladie de Parkinson, peut voir son absorption réduite lorsqu’elle est prise avec des repas riches en protéines.
Voici quelques recommandations :
- Si cela vous est conseillé, prenez la lévodopa à distance des repas riches en protéines (espacez la prise d’1h à 1h30 des repas)
- Répartissez les apports protéiques sur la journée
- En cas de fluctuations motrices, adaptez l’organisation des repas avec l’équipe médicale
Attention ! Ne modifiez jamais votre traitement sans avis médical.
L’alimentation est un pilier essentiel de la prise en charge de la maladie de Parkinson : un accompagnement nutritionnel personnalisé et régulier peut favoriser une meilleure efficacité du traitement et une amélioration globale de la qualité de vie.